L’histoire du tarot : origines, symboles et évolution
Le tarot fascine depuis des siècles. Avant d’être un outil de divination, c’était un jeu de cartes. Les historiens situent son apparition au milieu du XVe siècle, dans le nord de l’Italie, où l’on créa des jeux à cinq couleurs : quatre séries de cartes ordinaires et une série de vingt et une atouts accompagnée d’un Fou. Cet ajout permit de jouer à des jeux de levées comme le tarocchini. Dès l’origine, le tarot était donc un divertissement aristocratique, et non un instrument occulte. Ces premières cartes, peintes à la main pour des familles comme les Visconti et les Sforza, sont aujourd’hui conservées dans des musées et bibliothèques.
Dès le milieu du XVe siècle, le tarot se diffuse : les jeux italiens suivent les conquêtes et les échanges. Les cartes italiennes arrivent en Provence et en Suisse quand la France occupe Milan en 1499. Par l’imprimerie et la gravure, les figures se standardisent. La structure de 78 cartes (22 arcanes dits majeurs et 56 arcanes mineurs) s’impose, avec quatre couleurs – bâtons, épées, coupes, deniers – et des cartes numérotées de l’as à dix et quatre figures (valet, cavalier, reine, roi). Dans les pays germanophones, les mêmes principes donnent naissance à des variantes comme le tarock. En France, ces jeux connaissent un succès populaire au XVIIe siècle, notamment dans le Sud‑Ouest où l’on joue au jeu de tarot. L’usage divinatoire n’existe pas encore. Le tarot reste un jeu, certes paré d’images allégoriques, mais sans prétention ésotérique.
Les représentations symboliques des atouts – un Fou, un Pape, un Empereur, la Justice, la Mort, etc. – intriguent néanmoins. Au fil du temps, des érudits y voient un reflet des forces humaines : pouvoir, savoir, spiritualité, renversements de fortune. Les cartes offrent un langage visuel, un alphabet d’archétypes universels. Elles ne sont pas interprétées comme un alphabet de prédictions, mais comme un miroir du monde. Dans les manuscrits et les traités renaissants, les jeux de cartes servent à illustrer des récits moraux ou à célébrer des événements historiques. On connaît par exemple le Martiano (un jeu de 60 cartes avec des dieux) commandé par Filippo Maria Visconti vers 1425 et le jeu Sola Busca du XVe siècle, dont chaque lame représente un personnage antique.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle qu’apparaît l’idée d’un tarot ésotérique. En 1781, le pasteur et franc‑maçon français Antoine Court de Gébelin publie un essai où il affirme, sans preuves, que les cartes du tarot sont les vestiges d’un livre sacré égyptien et qu’elles constituent un catalogue des mystères hermétiques. Cet ouvrage inspire des occultistes comme Etteilla et Éliphas Lévi qui, au XIXe siècle, inventent des correspondances entre les lames et l’astrologie, la Kabbale ou l’alchimie. Ces interprétations abondent et donnent naissance à des écoles de divination. Pourtant, aucun document antérieur n’atteste d’une origine égyptienne : il s’agit d’une construction imaginaire. Les cartes étaient des jeux de table devenus support à un système symbolique.
Le joue un rôle central dans cette évolution. Standardisé au XVIIe siècle en France, il se compose de 78 cartes imprimées en série, reconnaissables à leurs couleurs franches et à leurs figures stylisées. C’est ce motif qui, au XIXe siècle, sera repris par les occultistes pour fonder la cartomancie. Aujourd’hui encore, le tarot de sert de référence pour les interprétations symboliques et les tirages amateurs ou professionnels. Sa popularité tient à la clarté de ses figures et à la stabilité de ses images, qui constituent un vocabulaire partagé pour raconter des histoires personnelles.
Le XXe siècle marque une autre rupture avec la publication du en 1909 à Londres. Ce jeu, conçu par Arthur Edward Waite et dessiné par Pamela Colman Smith, illustre pour la première fois chacune des cartes numérales avec une scène allégorique. Cette innovation, inspirée par les enseignements de la Golden Dawn, rend le tarot plus narratif et accessible : au lieu de simples couleurs et chiffres, chaque carte offre une vignette qui raconte une situation. Le jeu devient un livre d’images où l’on peut lire les cartes comme des scènes de vie. Le succès du est immense : des millions d’exemplaires sont diffusés et il inspire la majorité des créations contemporaines. Orféa s’inscrit dans cette tradition : proposer une expérience visuelle et structurée, en phase avec les usages actuels.
Aujourd’hui, le tarot demeure vivant. En Europe, il reste un jeu de cartes apprécié pour des parties conviviales, notamment en France (tarot à trois ou quatre joueurs) et en Autriche (tarock). Dans le monde francophone et anglophone, il est surtout utilisé comme outil d’introspection. Les praticiens modernes le présentent comme un support d’auto‑réflexion, un moyen de clarifier une situation et de prendre du recul. Cette approche respectueuse considère que les cartes ne prédisent pas l’avenir, mais éclairent le présent. C’est aussi la philosophie d’Orféa : offrir un tirage gratuit, sans inscription, qui guide l’utilisateur dans sa réflexion personnelle, à l’aide d’une interprétation cohérente et accessible.
Orféa ne se fonde pas sur un tarot historique unique ni sur une école traditionnelle figée. Son approche repose sur une synergie de plusieurs systèmes de tarots, croisant symboliques anciennes, structures modernes et logiques d’interprétation contemporaines.
Les cartes utilisées par Orféa constituent une création originale. Elles forment un langage symbolique autonome, pensé pour une lecture claire, structurée et adaptée aux usages actuels.
L’ensemble des cartes et de leur conception est déposé et protégé. Elles sont enregistrées auprès de l’INPI sous le numéro national N° 20255303 et sont à ce titre soumises au droit d’auteur. Toute reproduction ou utilisation non autorisée est interdite.